WINE SOUND SYSTEM

PROVA_BOOKDonpasta (avec la complicité de Candide)

Trente vins…accompagnés de bonne musique et bonne cuisine.

Préface de Paolo Fresu | Ed. Autrement. Avril 2011.

Le vin possède un son.
Qu’est ce que buvait Bob Dylan en composant Like a Rolling Stone? Un beaujolais de Lapierre, bien sur, révolutionnaire lui aussi. Quel vin peut soutenir l’émotion d’un concert de Tom Waits? Un cubi de rouge sans sulfite peut-etre. Avec quoi fêter la victoire d’Obama tout en écoutant Nina Simone? Un champagne, mais sudiste, mélancolique.

Donpasta a demandé de l’aide de Candide, dégustateur ingénu. Candide présente les vins choisis, les vignerons, tandis que Donpasta nous raconte ce que chaque vin lui évoque. Ensemble, ils sont partis à la recherche de producteurs de vins oubliés mais riches de légendes, de vignerons qui aiment parler à leur vigne et boire leur vin, des hommes et des femmes marqués d’une passion écologique fervente.
Ce livre nait de l’envie d’extraire le vin de la représentation théâtrale dans laquelle il est souvent enfermé. Nous avions conscience que la dégustation et le langage hyper technique, complices de la sacralisation et de la marginalisation du vin, ont produit une liturgie de sa consommation, comme s’il s’agissait d’un objet de dévotion réservé aux jours de fête mais absent du reste de notre vie. En donnant une dimension ludique à la dégustation, il devenait possible de restituer au vin sa dimension immédiate, quotidienne d’accompagnement d’un plat que l’on savoure en compagnie d’amis, de la personne que l’on aime ou de sa propre  solitude.

Ce livre est l’exact opposé d’un guide. Il ne cherche pas à être un voyage exhaustif parmi les vins, ne serait-ce que parce que nous n’avons choisi que trente bouteilles. Notre sélection s’est fondée exclusivement sur des coups de foudre, sur l’amour et, parfois, sur l’émotion qu’a suscitée en nous la rencontre avec quelques producteurs et leurs vins ; c’est vraiment de l’expérience concrète dans les vignes et dans les caves que sont nés la plupart de ces récits. Au cours de ce voyage, nous avons croisé des personnages visionnaires et indépendants. Leurs yeux brillent lorsqu’ils regardent les vignes ; sur leur visage, il y a toute la passion et la fatigue, le plaisir et les peurs, la conscience que leurs efforts ne seront pas toujours récompensés, à cause de la distraction du consommateur. Mais ils savent parfaitement qu’ils ne peuvent pas faire autrement. Nous avons bu des vins faits par des femmes qui sont un mélange de courage et d’enthousiasme. Elles racontent leur vin comme si c’était une expression de leur corps, énergique et jamais dominé.

Nous nous sommes fait expliquer l’agriculture biodynamique par des producteurs qui pratiquent le respect de la terre, épuisée et empoisonnée. Leur travail est un concentré de connaissance des cycles naturels, des processus de vinification et d’imagination humaine. Ainsi, chaque année, le vin sera différent de celui de l’année précédente, exactement comme les disques des Beatles.

Parce que les artistes, les poètes et les vignerons considèrent chaque disque nouveau, chaque cuvée nouvelle comme une naissance, un accouchement douloureux. Ils jouent tout à chaque fois, cherchant dans leur ventre et dans leur cœur le geste capable d’exprimer les caractéristiques de chaque vendange.

Cela dit, quelques critères ont guidé notre choix : il ne nous intéressait pas de trouver les trente meilleurs vins du monde. Nous avons fait des folies pour des vins moins évidents, souvent portés aux nues mais rarement bus. Nous avons sacrifié les grands Bordeaux, Baroli et Brunelli.

Tout le reste, Blowin’ in the wine, le dira le vin.